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Penser Local, Rendre Durable
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Manifeste pour un approvisionnement local

Dans notre monde hyperconnecté, l’importation quotidienne de matériaux, de produits, d’expertise et même d’idées pose un certain nombre de problèmes. À travers ce billet, nous souhaitons changer d’échelle et démontrer en quoi un approvisionnement local est un gage de durabilité sur le long terme.

Pourquoi acheter local ?

Comparé aux importations, l’achat de produits, de matériaux et d’expertises locales présentent de nombreux avantages.

Citons notamment : 

  • Les transports sur de courtes distances sont bénéfiques pour l’environnement
  • La promotion de produits et d’entreprises locales génèrent davantage de revenus au sein de la communauté
  • L’emploi de connaissances et d’expertises locales créent des emplois qui, à leur tour permettent aux familles de subvenir à leurs besoins
  • Les matériaux et les solutions créées sont mieux adaptées au climat et au contexte local
  • La maintenance est facilitée, il est inutile de recourir à une équipe d’experts venue de loin.

En achetant local, vous donnez plus d’autonomie financière aux petites entreprises. La création d’emplois générant des revenus fixes donne également une chance aux jeunes de développer leurs compétences et de subvenir à leurs besoins.

Comment faisons-nous la promotion du local ?

Depuis 2019, le bureau de l’OIM en Gambie contribue activement à la promotion des connaissances, des matériaux et des techniques locales à travers son projet pilote Building Together.

Pendant 119 jours, le projet a exploré des moyens innovants d’embaucher des artisans, de mobiliser les jeunes dans le cadre d’ateliers, et d’utiliser des ressources locales pour la rénovation de deux Centres d’informations sur les migrations (MIC) dans les centres de jeunes de Soma-Pakalinding et de Basse.

Voici trois des défis auxquels nous avons été confrontés, et les solutions adaptées au contexte local que nous avons retenues :

Défi no1 : la climatisation ne fonctionne pas

La climatisation utilise beaucoup d’électricité (comparé aux ventilateurs ou à des solutions reposant sur l’énergie solaire), et l’on ne trouve pas toujours les pièces de rechange sur le marché local. Dans notre cas, l’appareil d’un des centres de jeunes est tombé en panne, et le prestataire en charge des réparations habitait dans la capitale du pays, à 400 km du MIC.

Solutions
  1. Essayez d’intégrer plus de végétation dans votre environnement local. Aménagez un jardin avec des arbres créant de l’ombre devant vos fenêtres. Cela permet de rafraichir l’air avant qu’il n’entre dans le bâtiment.
  2. Créez un courant d’air naturel à travers le bâtiment en laissant les portes et les fenêtres ouvertes dans la matinée et la soirée.
  3. Réduisez la quantité de béton dans les nouvelles constructions. Choisissez plutôt des briques locales (en terre crue ou terre cuite), qui ont des propriétés d’inertie thermique (conservent la fraicheur).
  4. Si vous avez besoin d’un climatiseur dans votre bureau, ne serait-ce que quelques mois dans l’année, achetez un appareil auprès d’un prestataire de confiance qui saura se procurer les pièces de rechange et former un technicien local pour assurer d’éventuelles réparations.
Défi no2 : Le mobilier et les équipements sont en mauvais état

Une mauvaise maintenance et l’humidité peuvent rapidement détériorer les meubles et équipements importés — qui ont initialement été conçus pour d’autres climats.

Solutions
  1. À chaque fois que cela est possible, achetez les équipements et matériaux nécessaires dans des commerces locaux.
  2. Embauchez des artisans de la région pour construire et réparer vos équipements, à l’aide de matériaux locaux aux propriétés adaptées à votre climat. En cas de besoin de maintenance, ils sauront comment régler votre problème.
  3. Si vous travaillez dans un centre de jeunes, organisez un atelier de conception et construisez ce dont vous avez besoin sur place et avec les jeunes. Cela favorisera également un sentiment d’appropriation chez eux; ils prendront plus grand soin des nouveaux équipements.
  4. Parmi les menuisiers, embauchez des migrants de retour : vous leur donnerez un coup de pouce en stimulant leur carnet de commande et faciliterez leur processus de réintégration. 
Défi no3 : Pas d’électricité ni de lumière

Dans les zones où le réseau électrique n’est pas fiable, les coupures de courant sont fréquentes lorsque le réseau est trop sollicité.

Solutions
  1. Installez des fenêtres aux battants ajustables afin de faire rentrer suffisamment de lumière naturelle pendant la journée.
  2. En soirée, faites des économies (financières et énergétiques) en optant pour des ampoules LED. Elles consomment jusqu’à 80 % moins d’énergie que les ampoules halogènes traditionnelles et peuvent durer 3,25 fois plus longtemps que les ampoules incandescentes.
  3. Suivez de près votre consommation d’électricité et évitez de mauvaises surprises à la fin du mois en choisissant une installation électrique à recharger, plutôt qu’une facturation mensuelle.

Pouvez-vous rendre votre projet plus local ?

Il n’est pas toujours possible d’acheter local. Toutefois, vous pouvez essayer certaines astuces :

  • Vous avez besoin d’un nouveau bureau ? Embauchez un menuisier local pour concevoir et fabriquer les meubles de votre bureau.
  • Vous organisez une inauguration ? Recherchez les services d’un traiteur local/d’une entreprise gérée par un migrant de retour pour préparer des plats traditionnels de la région.
  • En panne d’idées ? Accordez des subventions à des associations de migrants locales afin qu’elles proposent des idées d’activités innovantes pour la sensibilisation ou la mobilisation des communautés.
  • Vous cherchez un hébergement lors de votre prochaine réunion ? Favorisez les établissements et les centres culturels gérés par des locaux, plutôt que les grosses chaînes d’hôtels.
  • En quête de « goodies » à distribuer lors de votre prochain événement ? Envisagez de demander à des couturiers locaux de produire des t-shirts, puis de les imprimer en sérigraphie.
  • Pensez au recyclage.  Avec l’aide d’un jeune designer sénégalais, l’OIM a confectionné des sacs à dos et housses pour appareils photos à partir de bannières de conférence recyclées.  C’est une option économique, environnementale, et franchement originale.
  • Besoin de masques pour le personnel ? Embauchez des migrants de retour pour les coudre à l’aide de tissus locaux. Vous trouverez facilement des patrons de couture sur internet.
  • À la recherche d’un partenaire pour produire des cadeaux de qualité ? Discutez avec des artisans et des artistes locaux ; voyez s’ils peuvent personnaliser leurs créations, plutôt que de commander sur internet. Après tout, qui a besoin d’une énième clé USB ou agenda sponsorisé ?

Le bilan ? Des démarches écologiques, respectueuses des techniques et de l’esthétique locales, et créatrices d’emplois pour les nouvelles générations !

Cet article a été rédigé par Simon Meienberg, également auteur des photos et illustrations.

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