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Carte blanche aux jeunes
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Autonomiser les jeunes grâce à deux jours d’interventions à petite échelle

Dans différents endroits du monde, l’OIM gère des Centres d’information sur les migrations (MIC) intégrés à des centres de jeunes. Pour que ces MIC restent dynamiques, nous devons tenir compte des besoins exprimés par notre cible. En tant qu’acteur extérieur, vous devrez donc vous familiariser avec le contexte local et vous rapprocher des jeunes afin de surmonter certains difficultés récurrentes.

La démarche de Carte blanche aux jeunes offre une alternative aux consultations communautaires conventionnelles (sous la forme de questions/réponses) en permettant à la jeunesse locale d’organiser en parfaite autonomie leurs propres activités au sein des centres de jeunes. Ainsi, les jeunes accèdent à de nouveaux moyens d’agir, libère leur potentiel créatif et nourrissent un sentiment d’appartenance. De plus, ces activités vous aiderons à identifier le potentiel et les limites des MIC. Vous pourrez également découvrir d’autres réseaux et structures de jeunes existantes.

L’OIM a déjà essayé avec succès ce concept de Carte blanche aux jeunes dans deux centres de jeunes en Gambie. Les résultats ? Une série de projets à petite échelle et émanant de la base. Le tout, réalisé en deux jours ! Dans ce tutoriel, nous vous guidons à travers le processus d’animation et d’accompagnement de votre propre Carte blanche aux jeunes, et vous expliquons comment adapter cet outil à votre contexte local.

En amont

1. Vérifications

Faites un tour d’horizon de tous les espaces, équipements et ressources disponibles sur votre site. Dans l’idéal, présentez votre idée au personnel du MIC et visitez les espaces (intérieurs et extérieurs) pressentis pour les activités. Le fait de dresser une liste des ressources locales vous aidera à évaluer l’existant et les besoins auxquels vous devrez répondre.

Posez-vous les questions suivantes :
  1. Quels espaces sont adaptés pour quels types d’activités ? (théâtre, sports, musique)
  2. De quels types d’équipements dispose déjà le centre ? (Ex. équipement musical, projecteurs, équipements sportifs, tables, chaises, etc.)
  3. Qui sera disponible pour faciliter les activités ? (Personnel du MIC, jeunes chefs de file, volontaires…)

2. Faites germer les idées

Suite à cette première évaluation, rapprochez-vous des jeunes. Essayez différentes techniques, en fonction du contexte. En Gambie par exemple, le bouche à oreille et les contacts directs ont été les plus efficaces. Invitez les chefs de file des différents groupes de jeunes (sports, théâtre, musique…) et discutez avec les visiteurs actuels du MIC.

Organisez une réunion d’une heure, au moins quelques jours avant la date de l’événement. Gardez en tête que l’impression et la diffusion des invitations peuvent prendre un certain temps. Veillez à ce que votre réunion ait lieu dans un lieu ombragé, facile à trouver et pouvant accueillir une jauge importante. Lorsque vous choisissez le jour et l’heure de la réunion, tenez compte des habitudes et emplois du temps locaux (ex. heures de prière, horaires scolaires, jours de marché, activités organisées au MIC…).

Le but de cette réunion est de discuter du concept de Carte blanche aux jeunes et de rechercher des idées d’activités pour ces deux journées. Votre objectif est de clôturer la réunion avec un plan clairement défini. N’oubliez pas de proposer des boissons aux participants (thé, eau, en-cas…). Enfin, établissez un plan de budget pour vos dépenses, et répartissez le montant entre les différents groupes.

Voici quelques points à intégrer à l’ordre du jour de votre réunion :
  1. En introduction, présentez l’approche de Carte blanche aux jeunes.
  2. Expliquez votre rôle dans le processus.
  3. Lancez une réflexion participative sur les activités à mener (quoi, pourquoi, comment, où, quand ?)
  4. Invitez des artistes, musiciens, comédiens, équipes de basket-ball et de volley-ball locales, etc.
  5. Dressez une liste du matériel nécessaire et établissez un plan budgétaire (voir la fiche « Détail de l’activité »)
  6. Définissez les tâches, répartissez les groupes et convenez de leurs responsabilités (conception, communication, appui technique, rafraichissements, etc.)
  7. Décidez de l’ordre des activités et d’un programme pour chaque journée (voir la fiche « Programme des activités »).
  8. Nommez une coordinatrice et un coordinateur pour superviser l’organisation de chaque groupe.
  9. Faites élire deux modérateurs chargés de l’accueil du public et de son orientation vers les différentes activités.

Lors de la composition du programme sur les deux jours, comptez quatre heures d’activités par jour.

Conseil de pros :

Veillez à ce que les filles impliquées dans le projet puissent autant s’exprimer et participer aux activités que leurs camarades masculins. Dans l’idéal, l’un des deux coordinateurs devrait être une fille – mais envisagez également d’organiser des activités spécifiques favorisant la participation des filles et des jeunes femmes. Votre événement n’en sera que plus marquant et diversifié !

3. Faites passer le mot

Une fois le plan finalisé et les jeunes prêts à passer à l’action, communiquez sur l’événement à venir à l’aide des canaux de communication disponibles. En Gambie, les jeunes ont fait passer leur message sur les ondes de radio locales, sur WhatsApp, par bouche à oreille et lors d’un match de football local. Un groupe de participants a pris l’initiative de se rendre à une station de radio locale pour faire la pub de leur Carte blanche aux jeunes dans les principales langues locales.

Créez des supports visuels (ex. de simples posters en format A4) pour diffuser le message sur les murs des écoles et dans les quartiers. Gardez en tête que les impressions couleurs ne sont pas toujours possibles, ou que le rendu peut être de mauvaise qualité. Il vaudrait peut-être mieux miser sur une belle conception en noir et blanc.

Détail important : l’entrée à la Carte blanche aux jeunes devrait être gratuite pour tous. Précisez-le dans vos communication au public. Cela permettra de dissiper les incompréhensions et de favoriser une plus grande participation active.

Conseil de pros :

En Gambie, l’OIM a mis sur pied une équipe de conception & décoration chargée du design général de la scène et de la distribution des posters. Incitez les profils créatifs à intégrer cette équipe et laissez-les exprimer leur vision de l’événement.

4. Donnez corps à l’événement

Une fois la communication déployée, il est temps d’organiser l’espace. Vous pouvez accompagner, voire appuyer le processus d’organisation, mais tâchez de ne pas trop intervenir. Votre rôle est d’observer et de faciliter. Vérifiez les éléments manquants et, si nécessaire, apportez un soutien financier. Au total, nous avons dépensé 100 dollars en location de chaises et d’équipement musical, en achat de boissons, impression de posters et frais d’électricité et de transports. Demandez aux groupes de calculer à l’avance leurs frais, et distribuez l’argent aux coordinateurs. Gardez en tête qu’il peut être difficile d’obtenir un reçu pour chaque dépense.

Conseil de pros :

On vous demandera souvent de rembourser les frais de transports, ou de divulguer votre budget total. Soyez transparents et cohérents ; expliquez à quoi sont destinés les fonds. La participation doit être motivée par intérêt et par motivation pour le projet. Le budget doit uniquement être utilisé pour des dépenses jugées nécessaires et justifiées.

5. Répétition générale

Nous vous conseillons de répéter le spectacle dans l’ordre des activités, en présence de tous les groupes et acteurs, dont les modérateurs, en amont de l’événement. Tous les participants doivent être inclus. Répéter l’événement dans sa totalité et identifier d’éventuelles lacunes permet de créer un sentiment de cohésion, mais aussi de responsabilité parmi les jeunes. Ils n’en seront que plus investis et fiers de leurs réalisations. Enfin, la répétition stimulera les participants et les préparera à leur représentation.

Pendant l’événement

6. Profitez du spectacle !

Bienvenue à la Carte blanche aux jeunes. Délaissez votre casquette OIM et faites-vous discret. Restez en retrait, sans toutefois vous cacher. Faites-vous accompagner d’un photographe/vidéaste pour documenter l’événement. Demandez l’accord des personnes avant de les photographier ou de les filmer. N’oubliez pas qu’il s’agit de l’événement des jeunes ; votre principal sujet est l’expression de leur créativité. Vous êtes uniquement là pour les aider.

Après l’événement

7. Et que ça brille !

Organisez une session de nettoyage et rendez les lieux dans l’état dans lequel vous l’avez trouvé. Rappelez aux participants de rapporter le matériel loué ou emprunté.

8. Documentez les enseignements

Gardez une trace de vos observations et réflexions tout au long du processus. Cela peut prendre la forme d’un journal de bord visuel, avec une combinaison de photos et de prises de notes, ou tout autre format qui vous correspond. Organisez une présentation de ce journal de bord ; en partageant les leçons tirées au personnel de l’OIM et du MIC, vous leur permettez de mieux projeter leurs prochains objectifs et initiatives sur le long terme.

Félicitations ! Vous avez rendu possible la réalisation d’une Carte blanche aux jeunes. Cette intervention à petit budget a le pouvoir de faire évoluer les mentalités des jeunes, de leur donner les moyens d’agir et de renforcer leur confiance en eux.

9. Créer une nouvelle dynamique

Comment perpétuer cette énergie ? Vous pouvez pérenniser les effets positifs de la Carte blanche en impliquant de jeunes profils créatifs, et en donnant aux jeunes un plus grand pouvoir décisionnel lors de l’élaboration de leurs propres activités. À vous de trouver des moyens structurels de susciter leur expression créative (appels à propositions, petites subventions, autres initiatives portées par la jeunesse…)

La Carte Blanche aux Jeunes en résumé

Durée approximative: 2 jours (ex. weekend) / 4 heures d’activités par jour

Matériel nécessaire: fiches de travail disponibles dans le manuel

Participants: Animateur de l’OIM, animateurs jeunesse, 10 jeunes participants (équipe mixte), groupes de jeunes locaux

Lieu: dans l’enceinte des centres de jeunes

Budget estimé: 100 dollars US

En quête d’inspiration ? Jetez un coup d’œil à nos scénarios dans le rapport:

Cet article a été rédigé par Simon Meienberg, également auteur des photos et illustrations.

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